Ne pas avoir le droit de refuser de travailler lorsqu'on est en conflit avec son employeur, ça porte un nom : l'esclavage.
Bien sûr, j'imagine bien les pauvres travailleurs de la SNCF, RATP et autres entreprises de TC enchaînés à leurs postes de conduite, leurs bureaux... La loi sur le service minimum n'interdit pas la grève, elle ne fait que l'aménager.
J'ouvre le "débat" tout en sachant que je perds mon temps mais comme je m'ennuie, ma foi, autant m'occuper...
D'ailleurs, ce sont les pouvoirs publics ont tout fait pour pénaliser les transports collectifs au profit de la voiture et les réduire à la portion congrue...
Je pense que quelques détails seraient ma foi bienvenus... J'aurais également envie de dire que certes les pouvoirs publics ont favorisé la voiture, aussi et surtout parce que la voiture est d'une efficacité économique considérablement plus importante que les TC, qui ne sont eux pertinents que pour les "lignes fortes", avec forte fréquentation et fort potentiel. Parce que la voiture permet le "porte à porte", et évite un million de correspondances, évite également d'être assujeti aux horaires... Grosso modo elle est plus fexible, c'est la raison pour laquelle son efficacité économique est supérieure, sauf dans certains cas (les fameuses lignes fortes de TC).
On pourra toujours me dire que oui, y'a des embouteillages, ce qui est juste. Mais je répondrais par ça : en termes de part dans la circulation automobile, quelle est ladite portion touchée par les embouteillages ? De même on peut mettre en avant le fait que les TC sont moins polluants que la voiture individuelle. D'ici quelques années, avec les différents progrès sur les carburants alternatifs, le moteur à hydrogène, etc., il est fort probable que les voitures deviennent très peu polluantes, et partant l'avantage des TC en terme de pollution se verra considérablement réduit.
Alors tout ça pour dire que oui, les pouvoirs publics ont favorisé la voiture, mais pour une raison évidente, transparente : parce qu'elle maximise la valeur sociale (au niveau de la société) par rapport aux TC. De là à dire que les TC français sont sous-développés il n'y a qu'un pas, que je ne franchirais pas tant la question est localement variable (selon les villes et les régions).
Le service minimum est d'ailleurs depuis longtemps le service normal, le quotidien des habitants des grandes métropoles, et ce service se dégrade de jour en jour, sans que les salariés de ces entreprises de transport y soient pour rien, bien au contraire.
Pareil avoir quelques éléments de réflexion serait bienvenu, parce que là c'est vraiment obscur.
Celui que propose le pouvoir en place, c'est l'interdiction de fait du droit de grève, mais sans le dire. C'est comme le "bouclier fiscal" qui supprime de fait l'ISF, et on pourrait donner beaucoup d'autres exemples de cette démarche perverse qui consiste à tromper les citoyens en permanences sur les objectifs réels.
C'est vrai qu'une loi qui dit, grosso modo, que les salariés des transports peuvent faire grève à condition que le service ne soit pas trop perturbé, c'est une loi qui interdit le droit de grève

La loi est la loi, elle est formulée d'une certaine façon, et la façon dont elle est formulée
est la seule condition pour son application. Autrement dit, à moins d'avoir une loi dont le résultat est l'interdiction pure et simple du droit de grève, ce qui n'est pas le cas vu que ce droit de grève est ici simplement aménagé, à moins d'avoir ce genre de loi LE DROIT DE GREVE N'EST PAS SUPPRIME...
On pourra toujours mettre des intentions au gouvernement, mais qui est dans la tête de ces gens pour savoir ce qu'ils pensent ? A part eux-mêmes personne, alors évitons les insultes, parce que se donner la parole à la place d'un tiers et surtout se prétendre mieux informé sur les intentions de ce tiers que lui-même est l'une des pires insultes qui puisse exister. N'oublions pas que le gouvernement a été démocratiquement élu, et qu'il est soumis à une surveillance de nature également démocratique. Je parierais que si la loi avait vraiment pour objectif de supprimer le droit de grève, la guerre civile ne serait pas loin... Alors à part diaboliser l'équipe de Sarkozy, ce qui tiens plus du mensonge que d'autre chose, ce genre d'idée préconçue selon laquelle le gouvernement est aux mains de ses salauds de patrons qui refusent la moindre liberté à leurs salariés, est surtout une bonne façon de couper court à tout débat...
Cela dit le gouvernement a peut-être en tête de supprimer le droit de grève, on ne sait pas. Mais cette loi-là n'a absolument pas cette portée, donc en l'état actuel des choses (dans la vraie vie, si vous préférez), le gouvernement ne tiens qu'à seulement aménager le droit de grève. Je dirais également que vu la faible mobilisation à l'encontre de cette loi qu'elle fait une certaine unanimité, autant à gauche qu'à droite... C'est peut-être parce que le gouvernement a consulté et pris le temps de dialoguer, mais comme c'est un gouvernement de droite capitaliste non, ce n'est qu'un mirage, la vraie vie n'est elle aussi qu'un mensonge... probablement déguisé par les médias, tant qu'on y est, autant aligner tous les poncifs du genre...
En Angleterre, on a commencé par attaquer le droit de grève pour faire passer ensuite tranquillement tout un tas de mesures qui a fini par cantonner la plus grande partie des salariés dans des petits boulots permettant juste de survivre.
Où as-tu trouvé que les petits boulots sont systématiquement occupés par, je cite, "la plus grande partie des salariés" ? Je ne dis pas que je sais, je demande simplement tes sources.
Il existe par contre en France un exemple gentillement édifiant : ce sont toujours les mêmes qui occupent les emplois précaires, statistiquement parlant (dit autrement, une fois qu'on tombe sur ce genre de boulot, on y reste, et pour longtemps). Pourquoi ? Parce que sous couvert de défendre le sacro-saint CDI, les syndicats ont nécessité que l'ajustement conjoncturel, nécessaire dans toute économie de marché (l'URSS fait peut-être plus envie...), pèse sur autre chose que le CDI, soit les CDD, intérim, etc. Pour faire simple ce sont toujours les mêmes qui servent de variable d'ajustement, situation, vous en conviendez, parfaitement équitable...
Donc bref, on défend le CDI, c'est bien, mais on l'a rendu tellement solide que chaque personne en CDI peut y rester super longtemps. Le corrollaire ? Ben c'est toujours les mêmes pas-en-CDI qui morflent à la place... Il existe tout un tas de solution pour partager la nécessité de flexibilité du marché du travail, mais ces solutions nécessiteraient que les CDI soient moins solides, en gros que chacun participe à cette douloureuse flexibilité au lieu que ce soit toujours les mêmes. Mais j'ai l'intuition, après je peux me tromper, mais j'ai l'intuition que malgré leurs belles paroles sur la défense de l'égalité de tous les travailleurs, les syndicats vont purement refuser cette situation plus égalitaire. Je vois déjà venir l'argument : on peut égaliser les conditions de travail par le haut. On pourrait, évidemment, au pays de Candy peut-être, mais dans la vraie vie,dans la vraie économie, ce n'est guère possible. Ceci dit la gauche, autant politique que syndicale, semble avoir du mal avec cette vraie économie, à quelques exceptions notables près (l'aile sociale-démocrate du PS et la CFDT).
Quant aux fonctionnaires (remarquons au passage que les salariés des entreprises de transport, y compris ceux de la Sncf n'en sont pas !), un sur deux ne sera pas remplacé.
Promesse électorale. Même chose que pour la loi sur le service minimum : tant que la loi n'a pas été écrite on peut gloser à l'envi, mais dans le vent puisqu'on ne sait pas, toujours dans la vraie vie, comment la loi va agir...
Le service public ne pourra que se dégrader.
Qui dit qu'un service public de qualité ne peut pas être assuré par deux personnes à la place de dix ? A part des clichés ?
Par exemple, quand il y aura 50 élèves par classe, ou plus vraisemblablement quand l'accès à l'école pour tous sera remis en cause, on en reparlera, cela se profile déjà.
Restent deux choses : 1) il n'est pas certain que ça fasse partie des promesses de Sarkozy de réduire le nombre des enseignants. Ne serait-ce que parce que l'école est une condition fondamentale et nécessaire pour un développement économique, alors si la France ne veut pas devenir un pays en développement je pense que tout le monde sera d'accord sur l'idée de ne pas remettre en cause l'accès à l'école pour tous... 2) à nouveau je peux lire que le gouvernement a certaines intentions alors que personne n'en a jamais parlé, et que ceux qui formulent ces intentions se prétendent mieux placés que les intéressés pour en parler... Encore des insultes, encore et encore... Des insultes ne font pas avancer un débat si elles sont formulées en même temps que des arguments (alors que parfois de telles insultes peuvent clore ledit débat, ce qui est différent).
Il semblerait que presque tout le monde se soit mis à penser de cette façon (cela s'appelle l'individualisme).
C'est vrai que le pas-individualisme des syndicats est tellement efficace, mais si, un petit retour en arrière dans mon post et on pourra voir que le marché du travail français réparti de façon équitable la flexibilité nécessaire, en gros tous sur les mêmes, et ce par la faute des syndicats. Ah oui, j'ai oublié de citer ma source, autant pour moi :
SOURCE Pas besoin de sortie de l'ENA ou de Sciences Po pour voir que c'est une illusion, que ce n'est tout simplement pas possible, qu'il y a forcément des perdants et que ceux-ci sont l'immense majorité...
Souvent ceux qui sortent de Sciences-Po vont à l'ENA, et dans les deux cas les cours d'éconmie y sont de mauvaise qualité. Pas étonnant à ce que nos dirigeants soient des quilles en économie, donc.
Au-delà, un monde où tout le monde gagne est un monde qui n'existe pas, en effet il y a toujours des gagnants et des perdants. Et au final la seule question qui a de l'importance est la suivante : est-ce que les pertes des perdants sont surcompensées par les gains des gagnants ? Si la réponse est oui, alors il est préférable de faire perdre un peu à certains pour donner beaucoup à d'autre (je reformule simplement la question).
Reprenons la question du marché du travail : en rendant le CDI plus flexible on ferait évidemment perdre certaines choses aux détenteurs de CDI (plus de risques, plus de chômage -- de 0 chômage on passerait, en moyenne et d'après les pays ayant assoupli leur CDI, à 9 mois de chômage pour 20 ans de vie active), mais d'un autre côté on sortirait environ 3 millions de salarié(e)s de situations précaires interminables. Je pense qu'à ce petit jeu là les gains des salariés précaires qui n'en seront plus dépasseront largement les 9 mois de chômage pour 20 ans de vie active des CDI. D'autant que de cette façon on met fin aux chômages massifs de longue durée, et partant on diminue les dépenses d'assurance chomage, ce qui maximise un peu plus le gain social.
Que beaucoup de citoyens en France aient perdu la conscience de ces quelques notions qui sont basiques dans une démocratie ne m'étonne pas. Ils ont aujourd'hui ce qu'ils ont voulu, un régime ou le parlement et le gouvernement et ses ministres ne sont que des faire-valoir sans pouvoir. Un seul homme détient tout, décide de tout. Cela porte un nom.
Le réveil risque d'être bien rude...
Je suis persuadé qu'en Angleterre on a pu entendre ce genre de discours lorsque la mère Tatcher était au pouvoir. Et c'est vrai que le résultat, 20 ans après, est la pire dictature au monde...
Alors ça montre plusieurs choses : 1) que les notions dont tu parles ne sont pas nécessaires à une démocratie, ce sont d'autres notions qui sont nécessaires 2) qu'avoir une droite "dure" (et encore la concertation avec laquelle ce projet de loi ainsi que celui sur la réforme des universités a été menée montre que cette droite n'est pas si dure que ça, et surtout ouverte au dialogue) n'est en aucun cas synonyme de dicature. Surtout qu'en 2012 il y a des élections, et si les français ne sont plus convaincu dehors l'UMP. D'ailleurs le résultat des législatives est plus proche du "oui mais" que du "faites ce que vous voulez sans limites". Et il semblerait que le gouvernement ait retenu la leçon, ce qui, je pense, est la preuve qu'il n'est pas si totalitaire/dictatorial que ça...