Un article est paru aujourd'hui dans La Provence concernant les agressions :
Bus aixois : "Plus un jour ne passe sans qu'il n'y ait un incident..."
Publié le vendredi 04 février 2011 à 08H30
Les agressions de chauffeurs des Autobus aixois s'enchaînent. Le point sur une situation tendue.
Selon les conducteurs, ce sont les temps de parcours
Selon les conducteurs, ce sont les temps de parcours "irréalistes" qui provoquent des retards et font naître des tensions.
Photo Serge Mercier
Un jet de pierre dans la ZAC du Jas-de-Bouffan, vendredi dernier. Un conducteur tabassé par trois hommes qui s'étaient vus refuser l'entrée dans le bus de leur chien Rottweiler, lundi, toujours dans la zone du Jas. L'un de ses collègues mordu au bras par une automobiliste qui s'opposait à remplir un constat après avoir percuté le bus à l'arrêt. Enfin, mercredi, un énième caillassage sur la ligne qu'emprunte le car scolaire reliant le CREPS au lycée Zola. Si cette liste est non exhaustive, les revendications des syndicats CFDT, CGT et Solidaire 13 le sont. Leurs représentants assurent que les trois-quarts des chauffeurs sont "à bout, usés, dépités, voire désabusés", et jurent ne pas vouloir accabler l'entreprise mais exigent que les conditions de travail changent. Le point sur une situation tendue.
Des temps de parcours irréalistes
"80% de la tension de nos journées est créée par nos retards. Si le bus est annoncé à 12h34 alors les gens veulent que l'on se pointe à 12h34 ! Les temps de parcours qu'on nous impose sont absolument intenables et donc les gens râlent forcément", lâche d'emblée Samy Ferrah, le délégué du personnel CFDT. "J'ai fait mes calculs et pour tenter de respecter les horaires qu'on nous demande il faudrait parfois rouler à 43 km/h de moyenne en centre ville !" D'autant qu'après les réflexions crachées sur le vif, ce sont les lettres de réclamations des usagers faites à la direction qui pleuvent. "Nos chefs nous convoquent pour qu'on s'explique. Cela crée beaucoup de stress pour les chauffeurs et l'on se sent d'emblée coupable, pointé du doigt". Les trois syndicats demandent donc à leur direction d'être davantage consultés sur ces temps de parcours, au-delà des groupes de travail déjà mis en place mais dont les conclusions, selon eux, sont toujours écartées du revers de la main.
Plus de contrôleurs et de caméras
La société compte une dizaine de contrôleurs pour environ 90 bus et seulement une vingtaine de caméras de vidéosurveillance. "Premièrement, la direction aurait demandé aux contrôleurs de ne plus intervenir dans les zones sensibles où l'on a vraiment besoin d'eux, mais en plus certains passent plus de temps à contrôler nos tenues, notre conduite etc., que les clients!" lâche sans concession le délégué CFDT."Et quant aux caméras, si elles n'empêchent peut-être pas incivilités et agressions, leur multiplication pourrait servir au moins aux enquêteurs", continue son homologue de Solidaire 13.
Un statut juridique
Selon les trois syndicalistes, les conducteurs souffriraient du manque de sévérité de la Justice à l'encontre de leurs agresseurs. "On réclame un statut juridique comme celui qui a été mis en place récemment pour les arbitres de football. C'est-à-dire qu'un gars qui nous agresse est forcément puni", suggère le représentant CGT.
Que le malaise soit pris en compte
"Les questions de sécurité, d'hygiène et de conditions de travail n'ont été évoquées qu'au cours d'un seul CHSCT depuis 2004, alors qu'il doit y en avoir quatre par an !" assurent les syndicats CFDT et CGT. "Ce ne sont pas des priorités pour la direction alors qu'elle a une obligation de résultat, selon la loi, sur ces points."






