Aujourd'hui, avec 3 lignes de Bus (C6, 22 et 54), le trafic est modeste et surtout orienté vers des trajets domicile-travail en liaison avec les zones d’emplois situées sur la Presqu'ile. On observe que les bus de la ligne C6 roulent souvent à vide en heures creuses sur cette partie de la ligne qui dessert la Presqu’ile. On remarque d’ailleurs, chaque fois qu’une agglomération investit dans un mode lourd, comme une ligne
de tramway, qu’il y a toujours au préalable un trafic important réalisé par des lignes de bus, que la nouvelle ligne de tramway vient conforter et développer grâce à son attractivité. Et ce n’est pas le cas pour ce projet de câble. Les projets en cours de réalisation (développement de l’emploi et création de logements sur la Presqu’ile) et les projets encore en cours d’étude ou de concertation (Porte du Vercors) vont-ils générer d’importants trafics et à quelle échéance et sur quelles origine-destination ? L’ADTC aurait aimé que le dossier de concertation soit plus explicite sur ce sujet. Car du point de vue technique, ce projet présente plusieurs faiblesses : Pour desservir les zones d’emploi, des ruptures de charge sont nécessaires à partir des lignes de tramway ou bus, et l’expérience montre que dans ce cas le transport public perd beaucoup en attractivité. Par ailleurs la progression prévue pour l’urbanisation de la ZAC Portes du Vercors sera très lente, la fin du programme est fixée en 2040 et en 2028, seulement 45 % des logements sont programmés.
Les trafics prévus, 5000 voyageurs par jour en 2021, 8500 en 2030, sont donc faibles pour justifier un investissement lourd de plus de 60 M€. On peut souligner que la comparaison avec un scénario bus présenté dans le dossier de concertation est une comparaison avec une ligne bus ayant exactement le même tracé que le projet câble (tracé imposé par la technique du câble, et c’est une des faiblesses du projet), alors qu’une desserte par bus inclurait des parcours beaucoup plus adaptés aux besoins, comme les tracés des lignes actuelles C6, 22 ou 54. La comparaison des scénarios du dossier de concertation est donc très partiale ! Un scénario D, proposant des lignes de bus assurant des connexions sans rupture de charge aurait dû être étudié. A noter qu’il ne faudrait pas que la plan masse de la ZAC Portes du Vercors soit conçu dans la seule perspective d’un transport par câble, rendant difficile l’implantation d’une ligne de bus ou de BHNS voire un débranchement de la ligne A du tramway à long terme.
En cherchant à tout prix à faire du câble (un effet de la mode) et en voulant récupérer des subventions, Grenoble Alpes Métropole propose un projet en dehors de tout besoin important de déplacements et qui va impacter les capacités d’investissement dans un contexte de difficultés financières et retarder des projets bien plus utiles. Or les véritables besoins de l’agglomération en transport public sont la prolongation de la ligne E à Pont de Claix (évitant la coûteuse correspondance à Louise Michel) avec desserte en Tram-train du sud grenoblois, la prolongation de la ligne A à Sassenage, ou un développement de tramway périurbain vers Meylan et le Grésivaudan où les implantations de logements ou d’activités existent déjà et continuent de se développer. De plus bien d’autres lignes de BHNS sont à mettre en place
Le bon sens de l'expertise de l'ADTC qui rejoint, je crois, l'avis général sur ce forum.
Hélas, les décideurs politiques me semblent trop unanimement enthousiastes pour leur nouveau jouet pour faire macrhe arrière et entendre la voix de la raison...
Hâte de voir comment Christophe Ferrari va expliquer à ses électeurs du Pont-de-Claix que le tram E n'arrivera pas dans sa commune avant 2025 ou 2030, parce que, comprenez vous, "les caisses sont vides"...
