Compagnie du Mont-Blanc

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Compagnie du Mont-Blanc

Messagepar Didier 74 » 02 Jan 2013 10:57

Le Messager, 27 décembre
Chamonix : les raisons d'une résiliation

Le prochain délégataire devra s'engager à investir au moins 100ME dans les premières années du contrat et à verser un peu moins de 65M E au délégataire sortant.

Chamonix résilie les contrats qui la liaient avec la Compagnie du Mont-Blanc pour une grande remise à plat du domaine skiable. But avoué : obtenir plus de 100M E d'investissements rapidement et peser plus, notamment sur les tarifs.

C'est une info qui tombe en plein début des vacances de Noël, un signal étrange et fort lancé au pied des pistes.
C'est une « première », sûrement « historique », soulignaient les élus de Chamonix vendredi 21. Michel Charlet, présent aux origines de l'histoire, avait d'ailleurs fait le déplacement.
Le conseil municipal a validé vendredi le principe d'une résiliation amiable anticipée des concessions liant Chamonix à la CMB, qui s'achèvent normalement en 2018 : Grands Montets, Brévent, Flégère, Savoy et Tour-Balme. L'Aiguille du Midi fait elle l'objet d'un avenant de 10 ans, jusqu'en 2028.
Ces conventions sont donc remises en jeu en une seule délégation de service public. La CMB se portera candidate à sa propre succession.

Irritation croissante
S'il s'agit bien d'un divorce à l'amiable par consentement mutuel (la CMB a par exemple accepté de ne pas demander que lui soit versé le manque à gagner), c'est quand même un divorce : depuis plus de deux ans, l'irritation allait croissant. Chamonix voyait grimper les tarifs de forfaits, demandait des investissements majeurs rapidement sur des équipements vieillissants, des amplitudes horaires supérieures... La crainte : décrocher par rapport à la concurrence et qu'il soit trop tard, à partir de 2018, pour refaire ce retard. Toujours dans l'optique de peser davantage, Chamonix avait récemment accru ses parts dans la CMB, de 16 à 18%.
Il y a peu, Éric Fournier confiait que la résiliation avait été motivée par une lassitude de négociations qui ne débouchaient pas. Vendredi, toutes les parties ayant trouvé finalement un terrain d'entente commun, le ton était apaisé. « L'insatisfaction était partagée. Le constat a été tiré que le tissu conventionnel n'était plus adapté à une gestion dynamique du domaine skiable. Le cadre juridique permet difficilement des investissements en fin de contrat et les opérateurs ont tendance à lever le pied. C'est vrai partout en France*. » Lancer un nouvel appel à concurrence va permettre à Chamonix de dresser un cahier des charges plus en accord avec ses désirs. Le prochain délégataire devra ainsi s'engager à investir au moins 100ME dans les premières années du contrat et verser un peu moins de 65ME au délégataire sortant, si le vainqueur n'est pas la CMB elle-même. 65ME qui correspondent à la Valeur nette comptable du domaine. Un "ticket d'entrée" qui n'aura pas d'incidence financière pour la commune.

Remise à plat et unification des contrats
Autre motivation pour repartir de zéro : l'empilement de plusieurs conventions de dates et de contenus épars. La plus ancienne, celle du Brévent, remonte à 1925. D'autres ont été signées dans les années 50, 60, le tout "toiletté" par la loi Montagne en 1985. « J'ai sur mon bureau la superposition des différentes conventions depuis 1925, ça représente une pile de 30 cm de haut ! » souriait le maire. Le but est donc de réunifier le tout dans une convention unique.

Qui à part la CMB ?
L'avis d'appel à concurrence devrait partir en janvier 2013. Que risque-t-il de se passer ? La CMB sera candidate. Qui d'autre a les épaules pour s'attaquer au gâteau ? La Compagnie des Alpes (filiale de la Caisse des Dépôts), mais c'est elle qui détient déjà la plus grande partie des parts de la Compagnie du Mont-Blanc. De riches Qataris ? « Nous aurons la capacité de dire non à des candidats, s'ils n'ont pas l'expérience suffisante dans la gestion de domaines skiables » rassure le maire.
Le futur contrat unique devrait entrer en vigueur en décembre 2013.

Quelques petites choses qu'il faut savoir
- Une liste des biens de retour propriété de la commune remis au futur délégataire a été dressée : remontées mécaniques, pistes, neige de culture, bornes team access, restaurants d'altitude.
- Planning prévisionnel : avis de publicité en janvier 2013, réception des candidatures en avril, négociations à l'été, signature du contrat en novembre 2013.
- La prise d'effet du protocole est fixée au jour de la notification du nouveau contrat fin 2013 : en cas de recours contre le protocole, les contrats ne sont pas résiliés et continuent comme prévu jusqu'à 2018.
- Le personnel actuel de la CMB sera transféré au nouveau délégataire, d'après l'article L1224-1 du code du travail.
- Investissement ne veut pas forcément dire plus d'infrastructures. « Par exemple sur les Grands Montets, on pourrait passer de neuf à sept, mais plus judicieusement implantées » explique le maire.
- La somme de 100ME est « purement indicative, mais c'est une base minimale de discussion ». Le "package" 100+65ME a été jugé "financièrement équilibré", en tout cas pas de nature à décourager des candidatures.
- La situation de l'Aiguille du Midi est différente et a donc fait l'objet d'un avenant plutôt que d'une résiliation. Il ne s'agit pas d'un domaine skiable « et on peut estimer qu'en terme d'équipement, il n'y a pas d'investissement majeur à refaire. Il était possible de stabiliser la situation avec un avenant de dix ans ». On se reverra donc en 2028...

La Compagnie du Mont-Blanc assume le risque
Mathieu Dechavanne est PDG de la Compagnie du Mont-Blanc.

Comment accueillez-vous cette résiliation ?
Je tiens à appuyer sur le fait que c'est une résiliation amiable. Personne n'a été "jeté", ça a été savamment pesé. Ça fait deux ans qu'on travaille sur le projet, nous sommes même à l'origine de ça. Nous étions demandeurs. Vu la complexité du droit administratif, nous cherchions une solution pour relancer un plan d'investissements important sur la vallée.

Certes, mais la commune avait fait part depuis deux ans d'une certaine insatisfaction.
Quand vous avez des appareils vieillissants, les coûts augmentent. Les "grandes visites" sont de plus en plus contraignantes, et sans renouveler le parc il faut augmenter les tarifs. L'avantage avec de nouveaux appareils, sur les premières années au moins, c'est que les coûts sont prévisibles. On pourra donner une simulation de hausse de coûts, ce qui n'est actuellement pas possible. Nous l'avions dit en conseil municipal, pour maintenir le niveau de sécurité c'est + 7%. C'est différent avec des appareils neufs.

Pourquoi avoir accepté la résiliation sans versement d'un manque à gagner ?
Nous l'avons accepté car même si nous ne sommes pas retenus lors du nouvel appel d'offres, nous savons ce qui nous revient, nous sommes d'accord sur les conditions de fin, sans ambiguïté. On a pu en faire une simulation claire : ça a été un travail énorme d'inventaire et de classification de biens et de patrimoine. On sait ce qui revient à la mairie et ce qui relève de nos biens propres. Avant cela on ne pouvait pas s'engager à résilier sans manque à gagner, qui n'est pas énorme non plus sur les domaines skiables.

C'est quand même un risque de se voir remis en appel d'offres...
On n'est pas en risque zéro. Mais si nous ne sommes pas retenus, la Compagnie continue d'exister : elle exploitera Les Houches, l'Aiguille du Midi, Vallorcine et les deux trains. Il n'y a pas d'inquiétude non plus pour le personnel qui serait transféré au nouvel exploitant.

Source http://www.lemessager.fr/Actualite/Fauc ... tion.shtml

Les Échos, 31 décembre
Chamonix divorce à l'amiable de sa Compagnie du Mont-Blanc

Chamonix veut investir plus de 100 millions d'euros dans son domaine skiable.
Elle résilie les concessions de la Compagnie du Mont-Blanc.

Créée en 2000, la Compagnie du Mont-Blanc gère quatre domaines skiables dans la vallée de Chamonix.

« C'est le bon moment pour renégocier les contrats. » Éric Fournier, le maire de Chamonix, et Mathieu Dechavanne, le PDG de la Compagnie du Mont-Blanc (CMB) sont d'accord sur ce point. Plus question d'attendre 2018, date à laquelle s'achèverait officiellement la délégation de service public confiée par la ville à la CMB pour la gestion de son domaine skiable. « Attendre sept ou huit ans est jugé beaucoup trop long et Chamonix risque de décrocher par rapport à ses concurrentes suisses ou autrichiennes », juge Éric Fournier, qui estime que près de 100 millions d'euros d'investissements sont à programmer d'urgence. Il n'y aura pas d'extension du domaine skiable, mais une requalification : par exemple, aux Grands Montets seront installées sept remontées au lieu de neuf ; la télécabine du Tour sera remplacée pour un coût d'au moins 15 millions d'euros.

Depuis la création de la Compagnie du Mont-Blanc en 2000, les investissements industriels nets de cession s'élèvent à 126,8 millions d'euros pour 132,9 millions d'euros de capacité d'autofinancement cumulée sur la même période. Mais, arrivé en fin de contrat, dans le cadre de sa délégation de service public, le concessionnaire n'a plus intérêt à investir. La loi Montagne reste floue sur cette situation. Dans l'absolu, l'investisseur n'a pas la garantie de récupérer la valeur non amortie de son investissement, qui revient à la collectivité locale.

« Alors les stations rusent et rivalisent d'artifice », explique Jean-Yves Remy, PDG de Labellemontagne, un groupe spécialisé dans la gestion de stations. A Courchevel, des avenants sont signés pour allonger la longueur des concessions et permettre un programme de 143 millions d'euros d'investissements. A Chamonix, où coexistent cinq concessions - dont certaines datent de 1926 -, les choses sont complexes. L'empilement des procédures séculaires a nécessité la dénonciation par anticipation.

La Compagnie du Mont-Blanc candidate
L'accord amiable est à l'étude depuis deux ans, selon Mathieu Dechavanne. Il espère « un contrat moderne » en une seule concession qui tienne compte clairement des obligations de chaque partie, l'autorité concédante et l'opérateur. Excepté le train du Montenvers, qui relève d'une concession départementale et de l'aiguille du Midi et qui a fait l'objet d'un avenant de prolongation, la CMB sera candidate au nouvel appel d'offres qui sera lancé en janvier 2013 pour une signature à l'automne de la même année. La concession est prévue jusqu'en 2043.

Mais quid d'autres acquéreurs potentiels ? Il leur faudra débourser immédiatement 65 millions d'euros, valeur estimée des biens des actionnaires, et mettre 100 millions d'euros sur la table. En France, seule la Compagnie des Alpes a la surface financière requise, mais elle ne sera pas candidate, assure Mathieu Dechavanne, soucieux de ne pas déterrer la hache de guerre.

Reste l'hypothèse d'un fonds étranger : dans la vallée de Chamonix, certains s'inquiètent à l'idée qu'un fonds qatari vienne faire son marché. Pour parer cette éventualité, la mairie peaufine un cahier des charges exigeant en matière de gestion de domaines skiables.

En France, 115 opérateurs dépendent du régime de la concession et réalisent 85 % du revenu global des stations. Leur représentant, Domaines Skiables de France, demande une loi garantissant une valeur économique aux équipements.

La CMB en chiffres

36% part de la compagnie des alpes
Héritière d'un siècle d'aménagement de la vallée de Chamonix, la Compagnie du Mont-Blanc a depuis sa création en 2000 un actionnariat régi par un pacte soigneusement équilibré. Ainsi, la Compagnie des Alpes détient 36% du capital, les deux autres actionnaires, la SEM SAEML Vallée de Chamonix Mont-Blanc, qui représente la ville, et la famille de Jérôme Seydoux, avec respectivement chacune 18% de part, ne dépassent pas ce seuil.

69 millions d'euros
Le groupe réalise un chiffre d'affaire de 69 millions d'euros pour 455 employés.

4 DOMAINES SKIABLES
La Compagnie gère quatre domaines skiables de haute altitude dans la vallée de Chamonix : les Grands Montets, Balme, Brévent Flégère et les Houches. Elle exploite aussi trois sites d'excursion mondialement connus : l'aiguille du Midi, le Montenvers - mer de Glace et le tramway du Mont-Blanc.

Source http://www.lesechos.fr/entreprises-sect ... 524540.php
Dernière édition par Didier 74 le 07 Jan 2013 10:04, édité 1 fois.
Didier 74
 

Re: Compagnie du Mont-Blanc

Messagepar lgv2030 - eomer » 02 Jan 2013 14:17

Article très intéressant qui nous rappelle que pour les skieurs, Chamonix est un vrai b...avec ses domaines skiables totalement éclatés.
Salutations,
Eomer pour lgv2030

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Re: Compagnie du Mont-Blanc

Messagepar Didier 74 » 08 Déc 2013 20:20

La nouvelle DSP entre Chamonix et la Compagnie du Mont-Blanc a été validée le 4 décembre.
Ce nouveau contrat court sur 40 ans. Lors de la négociation, l'accent a été mis sur les investissements : 477 millions d'euros ont été marqués dans la DSP, dont un peu moins de 400 millions d'euros pour de nouveaux équipements. Des efforts ont été également faits sur la tarification pour regagner des parts de marchés sur les forfaits à la journée, avec un prix d'appel à 31 euros.

Source http://www.lemessager.fr/Actualite/Fauc ... qTT8eKrESo
Didier 74
 


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